Détail de la référence

Thèse

L'acidification anthropique des eaux de surface. Effets sur les communautés de macro invertébrés benthiques. Autoécologie et réponses d'espèces caractéristiques des ruisseaux de tête de bassin des Vosges

Auteur : Tixier (Guillaume)


Année de publication : 2004
Publication : Doctorat. Laboratoire 'Biodiversité et Fonctionnement des Ecosystèmes. Université de Metz
Pagination : 1-270 + annexes


Résumé :

Malgré les récentes réductions des émissions des SO2 et des NOx dans l'atmosphère, l'acidification anthropique des écosystèmes d'eau douce est encore considérée comme un problème écologique majeur dans de nombreux pays de l'hémisphère Nord. Dans le massif des Vosges en tout cas, elle constitue la première cause de dégradation des écosystèmes aquatiques de tête de bassin. L'une de ses conséquences les plus marquantes réside dans l'érosion très importante de la biodiversité animale. Dans cette voie, de nombreuses études se sont focalisées sur les effets délétères de l'acidification notamment sur le compartiment des poissons et de la macrofaune benthique. Afin d'expliquer la modification des communautés de macro invertébrés, trois hypothèses ont été avancées. 1) un effet léthal ou subléthal direct de la toxicité des eaux acides ([H+], [Al] élevées). 2) un effet indirect à travers le changement des ressources nutritives 3) un effet indirect provenant de la modification des phénomènes de compétition et de prédation. Si la première hypothèse a été très bien documentée, en revanche, les effets indirects et les répercussions sur le fonctionnement de l'écosystème ont été bien moins appréhendés. Dans ce sens, les études in situ à un niveau de détermination élevée ainsi que l'autoécologie des espèces, indispensables à la compréhension de ces processus, sont demeurées rares. Ce travail montre que les réponses des macro invertébrés à l'acidification est plus complexe que préalablement évoquée. Il met en évidence notamment l'existence de taxons " acido-bénéficiaires " qui confirme en autre l'importance des effets indirects de compétition et de prédation dans la modification des communautés en milieu acidifié. En outre, ce travail apporte des connaissances fondamentales sur l'autoécologie des espèces par la détermination de leur cycle de vie et de leur r©ole dans l'organisation trophique de l'écosystème acide et non acide. Il souligne alors leur nécessité dans la compréhension des processus écologiques, en général, et particulièrement dans le cadre de l'acidification, de leur rôle déterminant dans les processus de recolonisation des écosystèmes auxquels on peut s'attendre si la réhabilitation des milieux s'effectue.