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Bilan de la migration d’Hemianax ephippiger (Burmeister, 1839) en France en 2011 (Odonata, Anisoptera: Aeshnidae)

Auteurs : Lambret (Philippe) et Deschamps (Clémence)


Année de publication : 2013
Publication : Martinia. Revue scientifique de la Société française d'Odonatologie
Volume : Hors série
Pagination : 13-46


Résumé :

L'afflux migratoire d’Hemianax ephippiger qu'a connu l'Europe occidentale et plus particulièrement la France en 2011 est sans précédent connu. En nous appuyant sur plusieurs réseaux naturalistes réunissant 178 observateurs, nous avons pu recueillir 563 données en France, réparties dans 57 départements et correspondant à 18 régions. La majorité des données a été récoltée entre avril et juin, ce qui souligne l'existence d'une première vague d'immigration au printemps. Une deuxième vague a été notée de juillet à novembre, avec parfois l’observation d’un millier d’individus provenant du sud. Des immatures ont été vus durant toute la durée de la présence de l'espèce en France, tandis que d’autres individus semblaient sénescents dès leur arrivée au printemps. Les imagos observés en début de saison provenaient très vraisemblablement d’Afrique, aucun développement larvaire hivernal de cette importance n'étant connu en Europe. En France, ils se sont reproduits dans divers milieux d’eau stagnante (étangs, gravières végétalisées, lacs…). Les individus observés en été et en automne incluaient à la fois la génération issue de cette première migration et de nouveaux arrivants en provenance du sud. La voie de migration côtière atlantique a été particulièrement utilisée, alors que le couloir rhodanien est habituellement privilégié. Pour cette raison, ainsi que du fait de l’abondance des migrateurs, l’espèce est nouvelle pour 31 départements français. L’affinité d’H. ephippiger pour les plaines est évidente, 83,6 % des localités d’observation étant comprises entre 0 et 200 m d’altitude. Cependant, H. ephippiger a été observé jusqu’à 1428 m et sa reproduction effective a encore été notée à 640 m d'altitude. Cette dernière altitude constitue à notre connaissance un record pour la reproduction de cette espèce en Europe. D’autres observations notables concernant le comportement des individus sont rapportées.