2026, l'année de sécheresse exceptionnelle qui a vu...

Publié le 13/08/2026 Vu 15 fois

... des criquets gagner les sommets


Alors que le Grand Est, comme toute l'europe de l'ouest, subit depuis le mois de mai une succession de canicules et une sécheresse exceptionnelle, plusieurs observations remarquables pour le massif vosgien ont été faites ces derniers jours chez les orthoptères et consoeurs.

Des individus isolés de Mecostethus parapleurus (Criquet des roseaux) ont été trouvé au col du Surceneux (850m), sur le sommet du massif de Longegoutte (870m) , dans les hauts de Ventron (980m) et sur la crête principale (Gazon Martin, 1200m)[sources J. Dabry & CENL]. Ce criquet, qui a largement agrandi son aire de répartition depuis 2010, n'est pas encore établi dans le massif malgré quelques observations antérieures notamment sur le secteur de Remiremont [sources SLE et Faune-Grand Est]. Ces 4 nouvelles observations ont toutes eu lieue dans des caricaies et prairies humides, habitats de prédilection pour ce criquet qu'il colonisera certainement définitivement dans les années à venir, favorisé par la changement climatique.

La Mante religieuse (Mantis religiosa) se reproduit déjà depuis plusieurs années dans le fond des vallées de la Meurthe et de la Moselle, à la faveur des ilots de chaleur urbains essentiellement. Mais cette année, des individus ont été observés dans les tourbières de Jemnaufaing (1000m) et du Tanet (1230m) ainsi qu'une prairie (habituellement) humide au Gazon de Faite (1270m) [sources CENL & P. Lambert]. Sur le versant alsacien une vague d'observations en haute altitude avait déjà été documentée en 2022-2023 [source IMAGO, Faune-Grand Est]. Ici, en plus de l'altitude, c'est l'habitat qui est inhabituel : même les Mantes semblent chercher des habitats "frais"!

Ces observations d'individus isolés confirment les capacités de dispersion de ces espèces, que l'on voit régulièrement voler sur quelques mètres lorsqu'on les dérange. Mais ici il s'agit de plusieurs (dizaines de) kilomètres depuis les populations les plus proches (sans compter le dénivelé!).

Ce qui est encore aujourd'hui considéré comme un aléa climatique préfigure probablement les changements profonds que nous allons observer dans les écosystèmes... Alors agissons, observons et documentons tant que nous le pouvons !

Auteur : Julien DABRY