Publié le 04/04/2026 Vu 114 fois
Recherche de nids et chenilles de Eriogaster catax dans le Toulois (54)
Voici le mois d'avril, les oiseaux chantent, les amphibiens coassent et les bourdons ... bourdonnent. La nature s'éveille et il en va de même pour les entomologistes qui, après une longue période d'hivernation, n'ont qu'une hâte, retourner sur le terrain ! Ainsi, pourquoi ne pas commencer en beauté par la recherche d'une espèce protégée en France et rare dans la région ?
La Laineuse du Prunelier (Eriogaster catax) est un lépidoptère nocturne aussi distingué que discret. En effet, les adultes émergent au cours de l'automne, quant aux chenilles, elles sont typiquement observées durant le mois d'avril. Celles-ci sont grégaires et tissent ensemble des nids communautaires sur les jeunes Aubépines ou Pruneliers.
Ce papillon est bien connu du sud de l'Alsace où des prospections ciblées ont été menées dans le but d'étudier sa répartition et ses préférences écologiques (voir l'article de Roberto D'Agostino à ce sujet : article). En Lorraine, la seule population connue de Laineuse du Prunelier est située entre Toul et Nancy, dans le secteur d'Aingeray, Villey-St-Etienne et Rosières-en-Haye. Elle est cantonnée dans un périmètre de 4km de rayon... Seules deux ou trois données de présence existaient avant 2024, depuis, l'espèce a été découverte sur Pelouse calcaire de Voirémont à Aingeray confirmant son maintien dans le secteur !
L'année 2026 commence fort puisqu'un nid communautaire a été détecté le 29 mars sur cette même pelouse. En parallèle, deux autres viennent tout juste d'être découverts dans les fourrés bordant une carrière à Villey-St-Etienne.
Dans l'optique d'améliorer les connaissances sur la répartition locale de la Laineuse du Prunelier et de préciser ses exigences écologiques, nous lançons un appel à contribution !
Méthodes de prospection, où et quand chercher ?
La zone d'étude englobe les communes historiques de présence ainsi que celles périphériques (entre Toul et Nancy). Comme expliqué dans l'article précité, les prospections se focalisent sur la recherche visuelle de nids communautaires durant le mois d'avril (période d'activité des chenilles) et dans les habitats favorables (lisières thermophiles, clairières forestières ensoleillées, pelouses embroussaillées ...). Les nids sont observés sur les jeunes Aubépines (C. monogyna) et Pruneliers (P. spinosa), ils sont nacrés et se distinguent à quelques mètres lorsque les feuilles ne sont pas encore totalement développées (jumelles recommandées). Plus précisément, les nids se situent sur les marges des lisières peu denses ou sur des pieds isolés, à 1,11m du sol en moyenne. Les chenilles sont reconnaissables à leur teinte bleutée et bordeaux, à leurs touffes de poils blancs et aux mouchetures blanches sur leurs flancs. Pour éviter toute confusion avec d'autres espèces, vous pouvez consulter le guide suivant : lien.
En cas de découverte d'un nid
Si vous découvrez un nid, déjà félicitations, et il serait intéressant de noter : la plante-hôte, la hauteur du nid, le nombre de larves observées, l'exposition au soleil, la zone prospectée par vos soins et la date bien entendu ! Pour information les chenilles ne sont pas urticantes. Il ne vous reste plus qu'à saisir la donnée sur ce portail, une photo des chenilles est également vivement conseillée. La saisie des données d'absence est possible si vous utilisez l'étude nommée "Prospections Eriogaster catax" disponible dans le menu déroulant. Vous pouvez également m'indiquer vos zones et dates de prospection par mail : foussemaxime@yahoo.fr
Bonnes prospections à toutes et tous,
Auteur : Maxime FOUSSE